Il appartient à cette famille de riches industriels qui ont su allier les intérêts de leur Maison célèbre aux intérêts des Sciences et des Arts.
Il passe une enfance heureuse entouré de 13 frères et soeurs, dans un cadre où règne discipline, économie, et forte croyance en Dieu.
L'école que fréquentait le futur savant mérite d'être mentionnée. Même son nom n'était pas banal : Académie pratique des Sciences Commerciales.
Cette Académie a été fondée par des grecs émigrés de Turquie, notamment par Zocima.
L'Académie comprenait une classe préparatoire, six classes de lycée, deux classes spéciales. Dans ces dernières, en dehors des matières spéciales telles que la comptabilité, l'arithmétique et la géographie commerciales et autres, on enseignait le droit, l'économie politique, la chimie, la mécanique, la technologie, etc. Les langues étrangères, français, allemand, anglais, étaient étudiées durant tout le corps de l'enseignement.
Cet enseignement n'était pas seulement théorique. Des laboratoires de chimie et de technologie étaient installés à l'Académie.
Les cours était donnés par des Professeurs de l'Ecole Supérieure Technique et de l'Université de Moscou.
Parmi ces professeurs, on peut mentionner Nicolaï Joukovsky (1847-1921), bien connu dans le monde aéronautique, qui enseignait la mécanique, Nitikinsky, la chimie, Petroff, la technologie, Tarassoff, l'économie politique, et Novgorodzew, le droit. Dimitri Riabouchinsky était un élève brillant. Il sortit premier avec la médaille d'or et fut inscrit au tableau d'honneur.
Dès son enfance, Dimitri manifeste un vif intérêt pour les questions scientifiques.
Lorsque son père mourut, Dimitri âgé de dix sept ans, se trouvait en première spéciale. Il héritait d'une fortune considérable et pouvait déjà disposer des revenus à son gré.
Une des premières choses qu'il fit fut d'installer un laboratoire de chimie et de physique dans la maison paternelle à Koutchino.
C'est de cette époque que date son tout premier essai de recherches théoriques et expérimentales, notamment sur la vitesse de diffusion dans les liquides de subtances solubles. Ayant achevé ses études à l'Académie, Riabouchinsky entra à l'université de Heidelberg, en Allemagne. Il y choisit un programme à sa fantaisie : physique, chimie organique, travaux de laboratoire, zoologie et philosophie.
L'éminent historien de la philosophie, Kuno Fisher, était encore en vie et le jeune homme suivit ses cours, ainsi que ceux du célèbre zoologue Butschli, auteur de l'ouvrage Mechanismus und Vitalismus.
Son séjour à Heildenberg fut de courte durée, un semestre en 1901.
Il partit ensuite en voyage et fit le tour du monde. Pendant ce voyage eut lieu un épisode insignifiant en lui même mais que Dimitiri aimait à raconter à ses proches.
A l'escale d'Aden, port à l'entrée de l'Océan Indien, Dimitri put observer du pont du bateau une mouette qui, se plaçant et volant contre le vent assez violent, dans l'attente qu'on lui jette une pitance, parvenait à rester sur place, presque à portée de sa main.
Ce fait le conduisit à penser que le problème du vol mécanique mériterait d'être étudier d'une manière scientifique.
Cet incident jette une lumière caractéristique sur le travail qui se faisait dans le subconscient du jeune savant.
De retour à Moscou, il commence à se composer une bibliothèque. Celle-ci correspondait à la diversité de ses gôuts.
A côté des philosophes, mathématiciens et physiciens, se trouvaient des livres et des journaux où l'on parlait de locomotion aérienne.
Il conçut alors le projet de fonder un vaste laboratoire de recherches, ayant comme but le progrès de l'aviation, et entra à ce propos en contact avec N. E. Joukovsky et V. V. Kousnetzoff.
Ce projet fut réalisé et le laboratoire installé, en 1904, dans la propriété familiale de Koutchino.
En automne de cette même année, l'Institut de Koutchino participa à l'Exposition Internationale de Milan, en exposant un petit tunnel et les appareils de mesure concernant les recherches décrites dans le facicule I précité. Une vue d'ensemble de ces appareils a été donnée dans le Bulletino delle Societa Aeronotica Italiana, en septembre 1906. On y voit, entre autres, le dispositif de Riabouchinsky pour uniformiser la répartition des vitesses dans le tunnel en plaçant un écran, en forme de cloche, recouvrant l'orifice d'entrée du tube, ainsi que les dispositifs pour l'étude du comportement d'un hélicoptère dans un courant relatif perpendiculaire à son axe et pour l'étude des lames minces en "autorotation" appelation qu'il fut le premier à introduire, pouvant servir de parachutes. Ces recherches furent utilisées par la Cierva lors de la construction de son célèbre autogire.
MEMOIRES SUR LA MECANIQUE DES FLUIDES
Extrait : LA FORMATION D'UN SAVANT par Wladimir RIABOUCHINSKY
Président de l'Association "L'ICONE"
Extrait : LES GRANDES ETAPES D'UNE CARRIERE SCIENTIFIQUE
par Pierre KOVALEVSKY
DOCTEUR DE L'UNIVERSITE DE PARIS
Extrait : LE ROLE D'UNE FEMME
par Julie KARMALINE, née de ZYBINE